Le TBI,
le tableau blanc interactif, le connaissez-vous? Il s’agit de l’outil techno
pédagogique à la mode ces dernières années dans nos écoles secondaires. Cette
mode qui a vu le jour lors de l’annonce du Gouvernement Charest, en 2011, du
projet d’installation de tableau interactif dans l’ensemble des classes du
Québec. Cette importante dépense, en moyenne 2000 $ par tableau, est-elle
justifiée? À vous de juger…
Au départ, il me semblait très
intéressant d’avoir l’opinion des élèves. N’est-ce pas pour eux que nous
tentons continuellement d’améliorer le monde de l’éducation? Il me semble donc
important de connaître ce qu’ils en pensent! Un texte très intéressant Nouveau gaspillage de fonds en éducation
écrit par Raphaëlle Élément et Félix Tremblay,
deux étudiants de la deuxième année du secondaire, nous témoigne d’une opinion
très marquée qui est probablement partagée par une certaine partie de la
communauté étudiante. Ainsi, on y mentionne l’utilisation généralement
restreinte du TBI à la correction de devoirs et d’exercices ou encore à la
projection de notes de cours. Ce qui est très facilement réalisable avec les
bons vieux outils tels que le tableau noir. Ainsi, je me questionne également
sur la valeur ajoutée de cet outil en situation d’enseignement. En ce sens, on
mentionne quelque chose qui est, selon moi, très important, « […] il faut suivre une formation complète pour bien saisir le
fonctionnement de l'appareil.» (Élément, Tremblay. 2011) Cela me semble tout à
fait indispensable. Avoir un TBI dans notre classe, ne va pas nécessairement avec
la compétence à bien l’utiliser dans nos situations d’enseignement. De plus,
les deux jeunes élèves du secondaire mentionnent :
« Entre les jeunes et le tableau blanc subsiste une
interaction à fréquence quasi nulle. C'est-à-dire que les élèves n'y touchent
jamais. Cette problématique est liée à la complexité de son utilisation, mais
aussi au fait qu'afin que le contact entre le tableau interactif et les élèves
soit possible, des manettes et d'autres instruments sont essentiels. Cet ajout
augmentera la facture d'environ 2000 $ pour chaque tableau. » (Élément,
Tremblay. 2011)
Ceci est majeur, selon moi, on le nomme le tableau interactif,
mais l’est-il vraiment? Honnêtement, mes expériences en milieu de stage dans
des classes ayant un TBI me démontrent que ces jeunes n’ont pas torts.
Finalement, je tiens à citer un passage de ces deux jeunes qui traduit très
bien ma pensée concernant cet outil pédagogique :
« Dans le cadre de son discours d'ouverture de
l'actuelle session parlementaire, M. Charest a annoncé ce projet en identifiant
clairement son but : réduire significativement le taux de décrochage
scolaire. Il faut être complètement déconnecté de la réalité présente dans les
maisons d'éducation québécoises pour croire qu'on réglera ce problème en
mettant “une grosse bébelle” devant les élèves. » (Élément, Tremblay.
2011)
Pour ce qui est des avantages du TBI, puisque bien entendu
cet outil en comporte quelques une. L’article de Marc-André Lalande, conseiller
pédagogique au RECIT Provincial, Le
tableau blanc interactif (TBI) en éducation : ses avantages et ses limites,
nous permettent de venir nuancer notre opinion. Ainsi, M. Lalande mentionne que
cet outil permet de rendre les explications des enseignants plus naturelles, et
ce, dans certains contextes restreints tels que : « […] illustrer
avec ses doigts au tableau des concepts comme le déplacement d’un complément de
phrase ou l’effet du déplacement du foyer d’une parabole. » (Lalande, 2010)
Ceci permet donc un passage
plus facile des objets d’enseignement dans un contexte plus concret, ce qui est
un très grand avantage pour l’apprentissage de nos élèves. De plus, il est vrai
qu’il est possible de présenter des articles web ou encore des vidéos, Toutefois,
ceci est également possible avec une toile blanche et un projecteur, par contre
le TBI nous permet de les annoter, ce qui, comme le mentionne M. Lalande est un
avantage indéniable.
Tout cela me semble bien complexe et honnêtement je crois
qu’il est difficile d’avoir la bonne réponse. Comme nous l’entendons souvent
dans le milieu de l’éducation, tout dépend de l’utilisation que nous en faisons.
Ainsi, je crois qu’il serait plus judicieux et surtout beaucoup moins couteux
pour notre système d’éducation en très grande difficulté financière de
restreindre la quantité de TBI dans les écoles. C’est-à-dire que pour l’avoir observé
dans une école secondaire, il serait pertinent de rendre disponible un TBI
mobile pour chaque niveau. Ce qui éviterait ainsi que certains tableaux soient
peu utilisés dans certaines classes. Il suffirait simplement de le réserver
pour certaines périodes pour l’utiliser. Il ne faudrait toutefois pas oublier
la formation aux enseignants qui est indispensable.
Voici une vidéo de M. Karsenti, chercheur à l’Université de Montréal, sur le sujet qui m’a semblé très intéressante et surtout très pertinente pour comprendre les enjeux du TBI dans nos classes.
Voici les liens web des deux textes mentionnés plus haut :
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